Article mis à jour le 18 octobre 2026

La fermentation alcoolique est la transformation, par des levures, des sucres du raisin en alcool (éthanol) et en gaz carbonique, avec un dégagement de chaleur. C’est elle qui change le jus de raisin en vin. Au passage, les levures produisent aussi de nombreuses autres substances, dont des composés aromatiques et du glycérol, qui participent au goût et à la texture du vin.
Comment fonctionne la fermentation alcoolique ?
Les levures, actrices principales
Les levures sont des champignons microscopiques. Dans le moût, elles se multiplient en consommant les sucres et les éléments nutritifs du jus. Privées en grande partie d’oxygène, elles tirent leur énergie de la transformation des sucres, principalement le glucose et le fructose, en éthanol et en gaz carbonique. L’espèce la plus impliquée en œnologie est Saccharomyces cerevisiae, mais d’autres levures interviennent, surtout au début de la fermentation.
De façon simplifiée, la réaction s’écrit : sucre → alcool + gaz carbonique + chaleur. On retient souvent qu’il faut environ 17 grammes de sucre par litre de moût pour obtenir 1 % d’alcool en volume, une valeur indicative qui varie selon les conditions.
Bien plus que de l’alcool
Parallèlement, les levures fabriquent :
- du glycérol, qui contribue à la sensation de rondeur et de souplesse en bouche ;
- des esters et des alcools supérieurs, à l’origine d’une partie des arômes fruités et floraux ;
- des acides, comme l’acide succinique, qui participent à la saveur ;
- et elles libèrent certains arômes du raisin qui étaient présents sous une forme non odorante.
C’est pourquoi on parle, en dégustation, d’arômes fermentaires ou secondaires, à côté des arômes primaires issus du raisin et des arômes tertiaires qui apparaissent avec l’élevage et le vieillissement. Dans les eaux-de-vie, une partie de ces composés volatils est ensuite concentrée par la distillation.
Le suivi de la fermentation au chai
Densité et température
Le vinificateur surveille la fermentation chaque jour. Il mesure la densité du moût, à l’aide d’un densimètre (ou mustimètre) : le sucre rend le jus plus dense que l’eau, et la densité baisse à mesure que le sucre se transforme en alcool. Il contrôle aussi la température, car la fermentation dégage de la chaleur. Trop chaude, elle peut s’emballer, faire perdre des arômes, voire s’arrêter ; trop froide, elle ralentit. Les blancs et les rosés fermentent généralement à des températures plus basses que les rouges, pour préserver leurs arômes fruités.
Démarrer, conduire, achever
Une fermentation bien conduite démarre rapidement, ce qui limite le développement de micro-organismes indésirables, progresse de façon régulière et va jusqu’au bout : tous les sucres sont consommés, et le vin est dit « sec ». Un arrêt de fermentation, avec des sucres résiduels non désirés, expose le vin à des altérations. Pour un vin rouge, la fermentation alcoolique se déroule en même temps que la macération, comme l’explique notre article sur la vinification du vin rouge.
Levures indigènes ou levures sélectionnées ?
Le vigneron peut laisser agir les levures indigènes, naturellement présentes sur les raisins et dans le chai, ou pratiquer le levurage, c’est-à-dire ensemencer le moût avec des levures sélectionnées. Le levurage vise un départ rapide, un bon achèvement et l’implantation d’une souche aux caractéristiques connues. Les levures indigènes sont souvent choisies pour exprimer la singularité d’un lieu, avec une part de risque plus grande. C’est un choix de vinification et de style, sur lequel les avis divergent.
Une fermentation que l’on arrête volontairement
Pour certains vins, on interrompt la fermentation avant que tous les sucres soient consommés. C’est le cas des vins doux naturels, pour lesquels on ajoute de l’alcool neutre au moût en fermentation : c’est le mutage, présenté dans notre article sur les vins doux naturels.
Et après ?
La fermentation alcoolique est souvent suivie, surtout pour les rouges, d’une seconde fermentation menée cette fois par des bactéries, la fermentation malolactique, qui assouplit le vin. Attention aussi au gaz carbonique produit pendant les vendanges : il s’accumule dans les caves et les cuveries mal ventilées, et représente un vrai danger pour les personnes.
Comment parler de la fermentation dans la communication d’un domaine
La fermentation est le moment où le vin naît. C’est aussi l’un des plus sensoriels de l’année : le bruit des cuves qui bouillonnent, l’odeur de la cuverie, la mousse à la surface du moût. Autant d’éléments qui se racontent très bien, à condition de rester exact.
Montrer ce qui se passe
Sur Instagram ou en vidéo courte, une cuve en fermentation, le relevé quotidien de densité ou le geste du pigeage montrent le travail réel. Le son des bulles est un détail que peu de domaines exploitent. Une petite série « suivi de fermentation » pendant les vendanges, avec un point simple chaque jour, crée un lien fort avec la communauté.
Les mots justes
Sur une fiche technique, préciser le type de levures (indigènes ou sélectionnées), la température ou la durée de fermentation est utile aux professionnels, à condition de l’exprimer en effet sur le vin : « fermentation à basse température pour préserver le fruit » parle davantage qu’un chiffre seul. Dans les notes de dégustation, distinguer arômes primaires, fermentaires et d’évolution aide le client à comprendre d’où viennent les sensations. Notre article comprendre la dégustation et trouver les mots pour la dire donne des repères de vocabulaire.
Sur le site, LinkedIn et en salon
Une page « notre vinification » claire, avec un vocabulaire expliqué, est appréciée des acheteurs et bien reprise par les moteurs de recherche et les IA génératives. Sur LinkedIn, expliquer pourquoi vous avez choisi les levures indigènes, ou comment vous gérez la température, montre votre méthode. En salon, une courte vidéo de cuve en fermentation diffusée sur le stand illustre la transformation mieux qu’un long discours.
Les erreurs à éviter
- Présenter les levures indigènes comme une garantie de qualité, ou les levures sélectionnées comme un artifice : ce sont deux choix techniques, chacun avec sa logique.
- Employer des termes techniques sans les expliquer, ou des chiffres non vérifiés.
- Mettre en scène l’alcool plutôt que le savoir-faire : la communication sur le vin est encadrée en France par la loi Évin, et le registre de la méthode et du produit reste le plus juste.
Questions fréquentes
Combien de temps dure la fermentation alcoolique ?
Généralement de quelques jours à quelques semaines, selon le type de vin, la température, les levures et la richesse en sucre du moût. Certaines fermentations, notamment en fût, peuvent se prolonger davantage.
Quelle est la différence entre fermentation alcoolique et fermentation malolactique ?
La fermentation alcoolique, menée par des levures, transforme les sucres en alcool et en gaz carbonique. La fermentation malolactique, menée par des bactéries, transforme l’acide malique en acide lactique, ce qui assouplit le vin.
Pourquoi un vin peut-il rester sucré ?
Parce que la fermentation s’est arrêtée avant que tous les sucres soient consommés, soit volontairement (mutage, refroidissement, filtration), soit naturellement, lorsque le moût est très riche en sucre comme pour certains liquoreux.
En résumé
La fermentation alcoolique transforme les sucres du raisin en alcool et en gaz carbonique grâce aux levures, tout en créant une partie des arômes et de la texture du vin. C’est un moment clé du millésime, aussi passionnant à raconter qu’à conduire. Si vous souhaitez transformer vos choix de vinification en contenus clairs et justes, vous pouvez me contacter.